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these-sawadogo-boukaryLa question des Technologies Membranaires a désormais un spécialiste au Burkina Faso : il sʼagit de Boukary SAWADOGO qui a soutenu sa Thèse sur cette thématique le samedi 8 décembre 2018 à lʼInstitut 2IE. ‘ʼTraitement des eaux usées industrielles par des technologies membranaires sous climat sahélien : cas des eaux usées de brasserie au Burkina Faso" est le sujet qui trois (03) années durant a vu la collaboration de deux (02) universités : lʼInstitut 2iE et lʼuniversité de Montpellier. Cʼest un Jury réconforté qui a prononcé le verdict final de « MENTION TRES HONORABLE » !

 

 

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Il est possible d’utiliser les bioréacteurs à membranes dans le contexte climatique sahélien ! Cʼest à cette conclusion quʼest parvenue Boukary SAWADOGO

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après trois (03) années de recherche. Le Bioréacteur à membrane comme son nom lʼindique combine 2 technologies, cʼest-à-dire un traitement biologique couplé à une rétention sur membrane. Il permet donc de traiter la pollution organique mais aussi une partie de la pollution minérale et dʼavoir des eaux désinfectées. Toutefois, quel peut être le but de lʼutilisation dʼun procédé membranaire ? Selon le tout nouveau Docteur, lʼobjectif était dʼaméliorer le système de pré-traitement des eaux usées de la brasserie afin dʼobtenir sa réutilisation en agriculture. «On sʼest rendu compte quʼen utilisant les eaux usées traitées de la station de Kossodo en agriculture, il y avait une dégradation des sols. Cette dégradation des sols est consécutive à la présence dʼun polluant qui est le sodium. Notre objectif était donc dʼarriver à éliminer ce sodium avant que la réutilisation en agriculture ne soit possible». Pour y arriver, le chercheur dit avoir utilisé le bioréacteur à membrane. Un post traitement par nanofiltration et électrodyalyse a aussi été effectué; ce qui a effectivement permis dʼ obtenir des eaux traitées à faible tenueur en sodium. Ces eaux peuvent être réutilisées en agriculture et dans lʼindustrie à travers des opérations de lavages, dʼentretien des espaces verts. … Les technologies membranaires ont ni de faire leur preuve ailleurs. Appliqué à notre contexte, une adaptation s’impose... ….Et par ce travail abattu, Boukary Sawadogo a compris lʼenjeu et a pu relever le défi. Il a pu démontrer quʼil est possible dʼadapter et intégrer ces technologies considérées comme des technologies très avancées dans la gestion des ressources en eaux à Ouagadougou. Les résultats ont été obtenus à partir dʼun travail de terrain, et en entreprise. Cela témoigne de la possibilité de mettre les technologies membranaires au service du développement en Afrique de lʼouest, dans un pays comme le Burkina Faso. Ce point fait aussi appel aux contraintes liées au pilotage des opérations membranaires en Afrique. Pour le Professeur Marc Heran, Directeur de Thèse, « il est vrai que les technologies membranaires sont des technologies qui permettent dʼenvisager des traitements avec de la création de valeurs ajoutées. On parle dʼeaux usées secondaires. Cʼest une matière première secondaire qui va pouvoir être exploitée. Ce qui permettra dʼintensifier les procédés, de les fiabiliser; et cʼest tout le challenge des procédés membranaires. Ensuite, lorsquʼon va chercher des technologies de pointe, il faut nécessairement un pilotage précis. Cela demande donc des compétences, des pré-traitements et un savoir-faire. Cʼest ce savoir – faire quʼil est important aujourdʼhui dʼacquérir afin de pouvoir intensifier et fiabiliser le traitement de lʼeau grâce aux procédés membranaires ».

Boukary SAWADOGO… un expert en Génie de procédés et de traitement des eaux au Burkina Faso Selon le Prof. Diawara, Recteur de lʼUniversité de Zignuinchor et par ailleurs Président du Jury de soutenance, « LʼAfrique nʼa pas encore atteint sa taille critique de chercheurs dans le domaine des membranes ; précisément en Afrique de lʼouest. Les chercheurs ont longtemps travaillé sur des sujet porteurs qui peuvent aller vers la résolution de difficultés que nous vivons. Toutefois, pour les technologies membranaires, de la microfiltration à lʼosmose inverse en passant par la nanofiltration et lʼultrafiltration, il est aujourdʼhui rare de voir des Africains engagés scientifiquement dans ce domaine et capables de lʼappliquer dans leur environnement immédiat. Cʼest à cela que Boukary est parvenu et je le dis au grand bonheur du Jury ». Dʼoù la présente exhortation solennelle du Jury auprès des premiers responsables de lʼInstitut: « que soit constitué autour de Boukary SAWADOGO, une équipe de chercheurs. Avec lʼengagement de son administration, des solutions efficaces pourraient être apporter; des solutions réelles aujourdʼhui sur le terrain à Ouagadougou, pour le bonheur des populations, pour la qualité de vie des populations ».

En perspective, une application industrielle des résultats de la Au terme de cette étude, il est ressorti que dans le contexte climatique sahélien, il est possible dʼutiliser les bioréacteurs à membranes. Si on utilise le bio réacteur à membrane, quʼon le couple à un post- traitement avec nano filtration ou électrodyalyse, on a la possibilité dʼavoir des eaux dépourvues de sodium qui peuvent être utilisées aussi bien dans lʼagriculture que dans lʼindustrie. Il a également été mis en évidence des coûts dʼinvestissements qui peuvent être compensés par la valorisation énergétique. Comme perspective donc, le nouveau Docteur entend offrir les résultats de ce travail à lʼindustriel qui a caccepté collaborer à la réalisation de cette étude. Il est disposé à prendre déjà en compte un certain nombre des recommandations. Une autre action serait de prouver à dʼautres industriels quʼil y a la possibilité dʼutiliser des technologies quʼon pensait inaccessibles pour lʼAfrique au sud du Sahara. Il faudra ainsi prouver que bien adaptées à nos conditions, ces technologies permettrons aux industriels dʼéconomiser aussi bien en eau quʼen énergie.

Composition du Jury

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M. Coura DIAWARA, Professeur Titulaire , Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal), Président
M. Inoussa ZONGO, Maître de recherche, IRSAT/CNRST (Burkina Faso), Rapporteur
M. Nicolas ROCHE, Professuer des Universités, CEREGE, Université Aix-Marseille (France), Rapporteur
M. Nicolas BERNET, Directeur de Recherche, INRA Narbonne (France), Examinateur
M. Yacouba KONATE, Maître de Conférences CAMES, 2iE (Burkina Faso), Examinateur
M. Georoy LESAGE, Maître de Conférences CNU 60, Université de Montpellier (France), Examinateur
M. Marc HERAN, Professeur des Universités, Université de Montpellier (France), Directeur de Thèse
M. Harouna KARAMBIRI, Professeur Titulaire, 2iE (Burkina Faso), Directeur de Thèse